jeudi 31 janvier 2013

Poème de Khalil Gibran

Vos cœurs connaissent en silence les secrets des jours et des nuits.
Mais vos oreilles se languissent d’entendre la voix de la connaissance en vos cœurs.
Vous voudriez savoir avec des mots ce que vous avez toujours su en pensée.
Vous voudriez toucher du doigt le corps nu de vos rêves.
Et il est bon qu’il en soit ainsi.
La source secrète de votre âme doit jaillir et couler en chuchotant vers la mer,
Et le trésor de vos abysses infinis se révéler à vos yeux.
Mais qu’il n’y ait point de balance pour peser votre trésor inconnu,
Et ne sondez pas les profondeurs de votre connaissance avec tige ou jauge,
Car le soi est une mer sans limites ni mesures.
Ne dites pas: “J’ai trouvé la vérité”, mais plutôt: “J’ai trouvé une vérité”.
Ne dites pas: “J’ai trouvé le chemin de l’âme”. Dites plutôt: “J’ai rencontre l’âme marchant sur mon chemin”.
Car l’âme marche sur tous les chemins.
L’âme ne marche pas sur une ligne de crête, pas plus qu’elle ne croit tel un roseau.
L’âme se déploie, comme un lotus aux pétales innombrables.


-Khalil Gibran- 


 

Salwa Al Neimi, La preuve par le miel

"Plus tard, des années après le départ du Penseur, j'ai compris que chacun de nous a un Penseur, un ou une, unique ou multiple, qui l'attend quelque part en ce monde pour le révéler à lui-même, pour l'aider à déployer ses pouvoirs, pour aller plus loin dans son labyrinthe intérieur.

Des années après le départ du Penseur, j'ai compris que chacun de nous à un Penseur qui l'attend à un moment de sa vie, sur l'un des chemins de sa vie.

Le Penseur n'a fait que lever le voile sur ce que j'avais déjà rassemblé pour le vivre. Il est arrivé pour que j'accède au sens."

Salwa Al Neimi, La preuve par le miel

 fatma

Se dire au revoir

Se dire au revoir

http://www.youtube.com/watch?v=rRY-FWTD0jE

Alessandro Baricco, Novecento Pianiste.

"Et il savait lire, pas les livres, ça tout le monde peut, lui, ce qu'il savait lire, c'était les gens. Les signes que les gens emportent avec eux : les endroits, les bruits, les odeurs, leur terre, leurs histoires ... écrites sur eux, du début à la fin."
Alessandro Baricco, Novecento Pianiste.

dimanche 20 janvier 2013

LUI

Dans le poème qui suit, j'ai essayé d'exprimer ce que j'ai ressenti lorsque j'ai commencé à danser le tango. Des sensations similaires à celles de l'état amoureux naissant ....

LUI

Je l’observe, intéressée mais pas conquise
J’aime son allure, son mystère, sa maîtrise
Il m’attire mais je garde mes distances
J’hésite encore à céder à ses avances

Il occupe mes pensées, m’inspire, me ravit
Disparaît de ma vue et à nouveau surgit
C’est lui qui mène le jeu malgré les apparences
Lui qui me dirige mais moi qui ouvre la danse

J’accueille sa présence et j’élargis mon espace
Ancrée à lui, je glisse, bras et jambes à leur place
Mon corps tout entier se met au diapason
Des accords sensuels de sa partition

La connexion qui se crée n’obéit à aucune loi
Elle est intensité, cadence et don de soi
Réussie, elle ouvre des horizons insoupçonnés
Si ardents que je décide de m’y abandonner


Anita Hochstetter, janvier 2013…………………….


3-Moébius Tango_3414a

Louise Bourgeois (1911-2010)

J’aime Louise Bourgeois, cette plasticienne née à Paris et morte à New York au printemps 2010, âgée de 99 ans. Elle a créé, entre autres, d’énormes araignées de métal.
Ma préférée s’appelle « La Mère ». Gigantesque, elle forme un carcan avec ses longues pattes fines. Un habitat ouvert dont l’espace est pourtant cloisonné.
Au travers de sa démarche artistique, qu'à donc voulu transmettre Louise Bourgeois ? Les femmes sont-elles des araignées ? Enferment-elles les hommes dans une toile au maillage si transparent qu’il ne se voit pas bien qu'ils s'y sentent pris au piège ?
Je suis mère et j’ai un fils. Je m’interroge sur la portée de cette relation si particulière qui unit le garçon à celle qui lui servira (consciemment ou  non) de référence face aux femmes qui traverseront son existence.
Certains hommes adorent leur mère, d’autres la détestent. Mais tous y sont attachés, d’une manière ou d’une autre.
La situation est différente pour les femmes dans le sens où, partageant le même sexe, les filles se sentent investies d’une mission de prolongement. En donnant la vie à leur tour, elles paient symboliquement leur dette.
Les hommes en sont privés. Restent-ils alors "enfermés" dans cette toile tissée par celle qui les a mis au monde ? Est-ce la raison de cette « impossible séparation » dont parle Anne-Laure Gannac dans son ouvrage du même nom ?

Christian Bobin écrit :
« Les femmes viennent du plus lointain de la vie des hommes, elles sortent de l’enfance des hommes, on dit qu’elles gouvernent cette enfance  mais ce n’est pas vrai, il suffit d’aller dans un jardin public et de regarder les mères avec leurs enfants, pour voir : elles ne gouvernent pas, elles veillent. Elles veillent sur l’incendie  naissant d’enfance, elles aident le feu de vie à prendre. Plus tard, beaucoup plus tard, elles regardent ceux qu’elles ont faits rois et qui ne savent plus leur parler. Les hommes, ce sont les devinettes qui les rassurent – devinettes du pouvoir, de l’argent, de la force. Devant les femmes ils disent : « Je ne devine rien, c’est un mystère ». Ce qu’ils appellent mystère, c’est la simplicité des femmes, et c’est leur solitude, cette force de solitude en elles, en chacune d’elles, cette manière qu’elles ont de tenir leurs enfants, leurs maris, leurs amants, le bleu du ciel et l’ordinaire des jours à bout de bras. Les femmes sont seules au début, au milieu et à la fin de leurs jours et elles reçoivent de cette solitude le sacre d’intelligence. Les hommes regardent les femmes brûler et c’est quand ils se taisent qu’ils en parlent le mieux ».
  

samedi 19 janvier 2013

"D'un oeil, observer le monde extérieur, de l'autre, regarder au fond de soi-même".
Amedeo Modigliani

mercredi 16 janvier 2013

"J'ai des ailes à déployer. Elles sont immenses, car je les fais pousser depuis si longtemps".
Sophie Fontanel, Grandir.